Bienveillance et Limites, une cohabitation impossible?

J’ai ressenti le besoin d’écrire ce billet car je traverse une période pas très simple due aux difficultés que j’éprouve (et les doutes qu’ils engendrent) depuis quelques jours avec mon grand « Louloudou » qui fait des colères, et commence à nous parler sur un ton déplaisant, alors que nous ne l’avions JAMAIS vu faire auparavant!
J’ai beau être CONVAINCUE du bienfait de pratiquer les méthodes de Gordon avec mes enfants, cela ne m’empêche malheureusement pas de me poser des questions sur ma pratique de la parentalité bienveillante (Méthode Gordon, Faber et Mazlish, CNV etc…)

limites

Il est vrai que lorsqu’on chemine sur la voie de la parentalité bienveillante, il est très difficile de savoir si notre nouvelle manière d’agir n’est pas en contradiction avec la notion de LIMITES que l’on a encore en tête et qui a guidé notre conduite de parent durant plusieurs années…

Les questions que je me pose:

Est-ce que la bienveillance que j’apporte à mon Louloudou de plus en plus ces derniers temps ne le laisse pas dans une sorte d’insécurité liée à sa nouvelle liberté de faire, d’expérimenter et de s’exprimer??

Ou suis-je tout simplement en train de d’expérimenter moi aussi cette nouvelle situation qui me fait peur sans trop savoir si je dois interpréter les nouveaux comportements de mon fils comme un manque de limites ou une nouvelle expression de sa liberté ( que du coup j’ai du mal à gérer : lorsque je veux faire de l’écoute active avec lui dans ses moments de colères, parfois il refuse et je me trouve désemparée)???

Ou alors peut-être que je m’y prend mal et que ces nouveaux comportements que je gère mal sont le signe d’une souffrance liée à ma mauvaise pratique de la bienveillance ou encore liée à une souffrance qui n’a rien à voir avec moi et ma façon de faire?

Dans mon ancien vocabulaire, les mots Punition (restrictions, coin, etc..) et Menaces ( « si tu ne fait pas ça, tu n’auras pas ceci ») étaient plus que courants, et lorsque je me suis engagée sur le chemin de la parentalité bienveillante, je savais que j’allais les laisser tomber petit à petit pour une pratique beaucoup plus respectueuse des besoins de mes enfants, même si j’y étais déjà TRES attentive. Mais les limites dans tout ça? En ont ils aussi besoin lorsque l’on applique des méthodes de parentalité bienveillante?

 

Nos enfants ont-ils besoin de limites?

Qu’est ce qu’on entend par limites?

Nous entendons par limites, le fait de dire clairement à nos enfants ce qu’ils peuvent faire et ne pas faire et pourquoi.. et leur montrer nos attentes.

Les enfants trouvent sécurisant de savoir ce que l’on attend d’eux et de savoir que les autres ont aussi des besoins. À mesure que nos enfants grandissent, il est recommandé d’établir des règles et des limites raisonnables, qu’il devra constamment respecter.

Des règles et des attentes raisonnables peuvent donner à l’enfant un plus grand sentiment de sécurité. Selon les experts, les enfants qui n’ont aucune limite à respecter se sentent angoissés et perdus, parce qu’ils jouissent, tout simplement, d’une trop grande liberté.*

Je crois donc que la réponse est claire: Nos enfants ont besoin de limites sécurisantes pour grandir de manière sécurisante, et ce, quelle que soit notre état d’esprit face à leur éducation…

 

Mais alors comment faire cohabiter harmonieusement Education Bienveillante et Limites sécurisantes?

Question épineuse…

Si on résume,

  • Education bienveillante rime avec écoute et prise en compte des besoins de l’enfant donc application de « l’écoute active » de Gordon.
  • Limites sécurisantes rime avec faire comprendre à son enfant que ses besoins (à lui) sont important pour nous, mais qu’en même temps, nous aussi nous avons des besoins qu’il doit prendre en compte, Donc application du « Message Je » de Gordon…

Il est donc tout à fait possible de faire cohabiter ces 2 principes en tentant d’alterner avec habileté entre Messages Je et Ecoute active et ainsi apporter à nos enfants les deux éléments fondamentaux d’une parentalité / éducation bienveillante.

Or, c’est là que le bas blesse chez moi, c’est donc ça qui expliquerais toutes les difficultés que je peux éprouver en ce moment car, je dois l’admettre, les « messages Je » ne sont vraiment pas ma tasse de thé… en dehors des « J’ai peur que tu fasse mal à/ que tu casse ça/que tu te fasses mal »,  je n’arrive vraiment pas à appliquer cette méthode qui pourtant parait si simple…

Mais malgré tout, comme toujours, je ne me décourage pas… j’en discute beaucoup avec Mr Chéridou (mon mari et père de mes enfants) et je suis certaine qu’à force de persévérance, tous nos efforts ne seront absolument pas vains… et je suis sûre que les votre non plus!!! 😉

PS: Oui, je sais, ça fait beaucoup de certitudes (!!), mais ce sont de bonnes et de bienveillantes certitudes, n’est-ce pas? 😉

 

*Source de cette citation: Naitre & Grandir

 

Sylvie de L’Art d’être Maman

Il n’y a pas de recette miracle pour être un Parent Bienveillant, mais il y a mille et une façons de faire de son mieux… 😉

 

Autre article : Les caprices existent ils?

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Publié le 9 juillet 2014, dans AMELIORER Ma RELATION Avec MON ENFANT, Mes Doutes de Maman, Mes Questionnements de maman, MOI, MAMAN IMPARFAITE, et tagué , , . Bookmarquez ce permalien. 2 Commentaires.

  1. Bonjour Sylvie,

    Je pense que tes soucis avec ton fils sont tout à fait habituels (quel parent, même « bienveillant aguerri », ne rencontre pas de difficultés ? 😉 ).

    Si tu ne sais pas comment résoudre cette situation, et d’après les questions que tu te poses, je pense que vous devriez en discuter avec tes enfants et ton homme.
    C’est aussi un outil de la méthode Gordon, souvent oublié : la réunion familiale hebdomadaire ou exceptionnelle en cas de « gestion de crise ». En fais-tu déjà de façon régulière ?
    Toujours en utilisant l’écoute active et les messages-je, tu pourrais exposer ton ressenti à ton fils sur le mode : « Parfois, quand on te demande quelque chose, tu t’énerves et tu nous parles sur un ton insolent. Ca me fait de la peine quand tu es comme ça. Sais-tu ce qui te rends si énervé par moment ? » etc…
    Ensuite, à vous de trouver en famille une solution au problème en fonction des réponses de Louloudou. Peut-être que c’est ton attitude qu’il ressent comme une agression, peut-être que c’est avec son frère que ça ne va pas, peut-être que c’est encore autre chose… Comme tu l’as soulevé son comportement peut être dû à beaucoup de choses qui ont à voir ou pas avec toi et ton conjoint.
    Et la meilleure façon de le savoir, c’est d’en discuter avec le premier concerné : Louloudou ! 🙂

    Bon courage et j’espère de tout coeur que cette situation va s’arranger. Garde ton attitude bienveillante, même si ça te semble peu efficace, ce sera toujours mieux qu' »à l’ancienne » en mode menaces-punitions-récompenses.

    • Merci Laura pour ton message plein de bienveillance 😉
      Effectivement il y a, je pense, pas mal de facteurs qui entrent en jeux… entre autre le fait que lorsqu’on se met à pratiquer la méthode Gordon, c’est toute la famille qui doit évoluer dans le même sens, or nous avons chacun notre rythme et ça je ne l’avais pas forcément réalisé avant de commencer… En tout cas je garde bien précieusement ton conseil sur les réunions familiales que je vais tenter d’appliquer plus souvent…
      Merci encore pour tes conseils et tes encouragements… je crois qu’on en a tous besoin au début car malheureusement la motivation ne suffit pas toujours…. 😉

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