Culpabilité maternelle – Qui est le coupable?

Nous sommes nombreuses à nous attribuer tous les problèmes et autres dysfonctionnements de nos enfants, mais Est-ce toujours de notre faute? Pourquoi culpabilisons nous si souvent?

Responsables de tout à vie?

En devenant mères, nous nous sentons responsables de tout et à vie. La société ne se prive d’ailleurs pas de nous le rappeler. Celles d’entre nous qui s’acceptent et déculpabilisent trouvent leur équilibre grâce à un appui auprès de leur conjoint et à un renoncement à l’illusion de la toute-puissance maternelle voire à l’existence d’une mère « parfaite ».
maman culpabilise

Quelle mère n’en a pas déjà eu assez? De devoir courir après le temps sans jamais marquer de pauses. Mais plus que tout, de devoir essuyer les incessantes réflexions des uns et des autres. Conjoint, professeurs, grands-parents, corps médical, etc., tous ont un avis bien arrêté : la mère n’est jamais là car travaille trop, ou est trop fusionnelle ; elle est trop sévère, ou trop laxiste. Et si l’enfant ne va pas bien, c’est inévitablement parce qu’elle-même n’est pas très en forme…

Pas de Mère sans culpabilité

Manque de temps, de présence, de disponibilité, d’énergie : la culpabilité nous guette à chaque pas de la vie quotidienne.  Autrefois, soutenus par une société rigide et une religion qui garantissait toute autorité sur les enfants, les parents étaient convaincus qu’ils faisaient bien.  Au cours des années 60, les repères familiaux, tels qu’ils fonctionnaient depuis des siècles, ont volé en éclats. Parallèlement, les femmes se sont mises à la recherche d’égalité avec les hommes.
Quarante ans plus tard, la société nous renvoie ce « balancier » de plein fouet. Christine, 37 ans, maquettiste, jongle toute la journée : une maison à Lille, un boulot à Paris, un enfant de 2 ans, un mari aux horaires irréguliers…

« Un matin où, bourrelée de remords, j’avais laissé ma fille fiévreuse à la nounou, je me suis retrouvée dans une réunion de travail où mes collègues masculins expliquaient que, s’il y avait des voyous dans les banlieues, c’est parce que les mères n’étaient pas assez présentes… J’ai cru exploser. »

La société entière s’acharne donc à nous rendre responsables de tous les maux qui touchent les enfants, renforçant de cette manière notre culpabilité naturelle.  Pour Sylviane Giampino, psychanalyste et psychologue de la petite enfance, « entrer en maternité, c’est entrer en culpabilité. Les mères avancent sur un chemin doublement miné. D’un côté par l’idée mythique de toute-puissance : puisqu’elles donnent la vie, elles ont le pouvoir de donner ce qui est bon et, par conséquent, également ce qui est mauvais. De l’autre par le mirage selon lequel la mère est l’enveloppe protectrice de l’enfant. C’est la nourricière, l’éducatrice, la seule qui soit bonne pour sa santé, son équilibre et son bonheur.»
Et la culpabilité est d’autant plus douloureuse lorsqu’elle n’est pas partagée : lorsque nous élèvons seules notre enfant, nous essuyons doublement les regards accusateurs, comme si nous portions l’entière responsabilité de la situation. Sophie, 34 ans, professeur de mathématiques qui élève seule sa fille de 2 ans, avoue que cela la rend malade quand elle doit lire un conte de fées à sa fille:

« Je ne supporte pas cette conclusion : “Ils se marièrent et vécurent longtemps heureux ensemble.” Je me sens tellement coupable de lui prouver au quotidien que ce n’est pas vrai. »

Son mari est parti, et c’est Sophie qui culpabilise !

Sortir du cercle vicieux: A la recherche de l’équilibre

Mais comment sortir de cette culpabilité qui nous colle à la peau?
D’abord, en repérant d’où vient la critique assassine.

« Avec le recul, je ne sais pas comment j’ai pu accepter la remarque d’une puéricultrice», raconte Nelly, 29 ans, libraire. Alors que je pleurais à l’idée de laisser Manon, 3 mois, à la crèche, elle a asséné sèchement : “Attention, vous êtes trop fusionnelle.” »

  • Lorsqu’il s’agit d’un discours général de ce type, il faut impérativement prendre de la distance, ne pas se laisser atteindre.
  • En revanche, lorsque la critique vient de nos proches, enfants, conjoint, parents, il faut parfois être à l’écoute. « Se sentir mal parce qu’on a le sentiment que l’on a tout faux, c’est parfois le début d’une prise de conscience d’un besoin d’aide, explique Sylviane Giampino. Une “bonne” culpabilité est une culpabilité qui pousse à travailler sur soi et à comprendre réellement de quoi on souffre. »

Ensuite, en tentant de s’appuyer sur ceux qui nous entourent, et notamment le père de l’enfant. En refusant de renforcer l’illusion de la toute-puissance maternelle, un père peut aider une mère à déculpabiliser. D’abord, en la rassurant, en la protégeant de tout ce qui pourrait nuire à sa tranquillité avec le nouveau-né. Puis, au fur et à mesure, en prenant sa place dans la « bulle maman-bébé ». « A condition, toutefois, qu’il refuse de se soumettre à la domination de la mère, c’est-à-dire s’occuper de l’enfant quand elle le lui dit et de la façon dont elle le dit. Pour peu qu’il résiste, la mère s’apercevra que ce n’est pas si grave si la couche est de travers ou si le bébé est sorti sans bonnet. Elle réalisera alors que son enfant peut survivre sans elle : c’est le début de la déculpabilisation.»

Puis, en se faisant plaisir. « Paradoxalement, s’occuper à quelque chose qui apporte une gratification déculpabilise, assure la psychothérapeute Catherine Serrurier. Une femme qui prend une heure pour aller à la piscine ou voir une expo a le sentiment de voler du temps à ses enfants. Mais cette heure la détendra. Du coup, la gestion du temps qui reste sera bien meilleure. La seule condition à cet épanouissement reste que les proches le comprennent. »

Enfin,  il est parfois souhaitable d’être à l’écoute de cette culpabilité impitoyable, en se posant quelques questions comme : Veut-on reproduire une « bonne mère » que l’on a idéalisée ? Veut-on, au contraire, donner à son enfant tout ce dont une « mauvaise mère » nous a privés ? Comment renoncer à l’idée de toute-puissance sur son enfant ? En bref, pourquoi ne pas accepter d’être une mère imparfaite avec ses ambivalences, ses doutes, ses limites?

 

Ressource: http://www.psychologies.com/Moi/Se-connaitre/Personnalite/Articles-et-Dossiers/Vivre-avec-nos-culpabilites/Meres-toujours-fautives#

Publicités

Publié le 4 juin 2014, dans Mes Questionnements de maman, MOI, MAMAN IMPARFAITE, et tagué , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :